AAPPQ
25/08/2026
Montréal, le 25 août 2026 - À la veille du lancement de la campagne électorale en vue des élections du 5 octobre, l’Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ) dévoile son programme concernant la pénurie de logements abordables, la hausse des coûts de construction ou encore le déficit du maintien des infrastructures.
Dans un contexte marqué par les pressions croissantes sur les finances publiques, l’augmentation des besoins de rénovation, d’entretien et de renouvellement des infrastructures, et l’accélération des changements climatiques, le Québec doit revoir sa façon de planifier les projets publics et de dépenser l’argent des contribuables.
On aspire à construire et à réparer vite et à moindres coûts, mais cet objectif ne peut se réaliser sans tenir compte des conséquences pour le futur. Le Québec ne peut se permettre de sacrifier la durabilité des infrastructures, qui doit faire partie des critères incontournables guidant l’ensemble des décisions gouvernementales liées au cadre bâti.
« La pénurie de logements abordables nous préoccupe particulièrement. Nous craignons que la qualité des milieux de vie soit sacrifiée au profit de la rapidité et du bas prix. Faire fi de la qualité et de la durabilité engendrera des conséquences pécuniaires plus grandes sur le long terme, en frais d’entretien et d’exploitation des bâtiments, sans compter les problématiques humaines et sociales engendrées par des milieux de vie inadéquats », souligne la directrice générale de l’AAPPQ, Lyne Parent.
On note également le recours de plus en plus fréquent à des promoteurs qui offrent des projets clés en main standards, sans réflexion sur les besoins des usagers ni consultation des populations visées, au lieu de confier ces projets à des PME en architecture ou à des groupes de ressources techniques qui ont des compétences et des expertises longuement acquises pour planifier et développer un habitat abordable et des milieux de vie durables et de qualité.
La préfabrication, une fausse solution au manque de logements abordables
Même si la préfabrication, aussi appelée construction hors site, représente une opportunité réelle pour accélérer la construction de bâtiments financés par des fonds publics, améliorer la qualité d’exécution, maîtriser les coûts de construction et réduire les aléas de chantier, il n’en demeure pas moins que, à court terme, ce type de construction soulève, notamment, des défis techniques, comme le manque de standardisation dimensionnelle entre les différents produits manufacturiers ; réglementaires, en raison du Code de construction et des normes en vigueur non arrimés avec la production modulaire ; et avec les règles d’appels d’offres publics. Ces obstacles ralentissent le déploiement à grande échelle de la construction hors site.
Par ailleurs, l’intégration de modules préfabriqués standardisés, encouragée par les pouvoirs publics, ne répond pas d’emblée à tous les enjeux actuels. « Il ne faut pas perdre de vue que les besoins des uns diffèrent de ceux des autres. Si on veut offrir des espaces de vie permettant aux occupants de s’épanouir et de vivre dans la dignité, ces logements doivent répondre aux besoins propres de leurs utilisateurs et des communautés », explique Lyne Parent.
Mettre fin aux dépassements de coûts
Aussi, il est temps de mettre fin à la logique du plus bas soumissionnaire pour retenir les entreprises de construction dans les marchés publics. Cette approche a montré son inefficacité au fil des ans, car elle mène à trop de demandes d’équivalences, de substitutions ou de frais supplémentaires (extras) conduisant souvent à des choix sous-optimaux qui coûteront plus cher aux contribuables à long terme et qui affaiblissent la performance environnementale et la résilience des actifs publics.
Parlant d’actifs publics, le déficit de leur entretien, qui ne fait que s’aggraver, réduit la durée de vie utile des infrastructures et augmente les coûts futurs ainsi que les risques liés à la sécurité de la population, à la fiabilité des ouvrages et à la continuité des services publics. L’AAPPQ soutient une solution proposée par plusieurs intervenants et qui consiste à créer un fonds de prévoyance qui servirait exclusivement au maintien des actifs et à la restauration du patrimoine bâti, et permettrait une stabilité des investissements, indépendamment des aléas politiques et économiques, et une meilleure planification à long terme.
Les architectes peuvent offrir des solutions innovantes et concrètes, que ce soit pour intégrer durablement et judicieusement la préfabrication de composantes, améliorer les processus publics de gestion et de réalisation de projets, maîtriser les coûts sans hypothéquer la pérennité des constructions, mieux adapter les programmes publics à la réalité du marché, ou encore répondre aux besoins particuliers et évolutifs des usagers des milieux de vie, de soins, de travail, d’éducation.
Les enjeux de la construction hors site
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La crise du logement et le logement abordable
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Plateforme préélectorale conjointe AAPPQ - AFG
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À propos de l’Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ)
L’AAPPQ représente des firmes d’architecture de toutes les tailles et de toutes les régions du Québec. Dans le cadre de sa mission, l’Association travaille à la promotion et au développement du rôle de l’architecte en pratique privée dans la société québécoise. Elle intervient sur tout sujet qui influence la qualité de la production architecturale et le patrimoine bâti durable, ainsi que l’accès à la commande publique et la saine concurrence.
Contact média :
Adrienne Pilon, Directrice des communications