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Échos de l'AAPPQ - Janvier 2026

Échos de l'AAPPQ - Janvier 2026

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29/01/2026

Qui dit nouvelle année, dit nouvelles résolutions. L’Association démarre 2026 avec un nouveau rendez-vous mensuel, Échos de l’AAPPQ. Sous la forme d’un éditorial d’affaires publiques, la permanence de l’Association vous tiendra au courant des démarches entreprises pour défendre vos intérêts, ainsi que ceux de la profession. Cet éditorial exprimera l’opinion de la permanence et non celle des membres ou du CA. C’est Florence Reinson, conseillère en relations publiques et gouvernementales, qui prendra la plume pour vous informer. Voici le premier de la série.

               

La mutualisation, une avenue explorée par l’Union des municipalités du Québec

Le monde municipal est en pleine réflexion afin de rationaliser ses dépenses en infrastructures, invoquant la saine gestion des deniers publics. Les premières pistes de solutions mises de l’avant touchent les architectes et les ingénieurs au premier plan, et l’AAPPQ participera au remue-méninge en vue de dégager des options viables et rentables pour tous, tout en favorisant la qualité du bâti.

 

Alors que l’heure est aux compressions budgétaires dans tous les paliers de gouvernement, les mots mutualisation et standardisation sont sur toutes les lèvres des dirigeants municipaux. Vous l’avez sans doute lu dans La Presse pendant la dernière campagne municipale, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, et le maire de Laval, Stéphane Boyer, ont affiché leur volonté de lancer des appels d’offres communs pour des projets similaires dans leurs municipalités respectives et de mutualiser les plans et devis dans le but de faire des économies sur les honoraires des professionnels.

Au sein de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), la réflexion est la même et les démarches se sont multipliées pour prendre le pouls des différents acteurs concernés, dont le nôtre. L’UMQ a sondé ses membres et un consensus s’est dégagé de cette consultation : les municipalités voient d’un bon œil la mutualisation des plans et devis pour certaines des infrastructures, comme un chalet de parc, une patinoire et une piscine extérieures, un garage municipal ou une caserne de pompiers. Certains des bâtiments ciblés font d’ailleurs l’objet d’analyses particulières dans un rapport commandé par l’UMQ. Heureusement, les bâtiments patrimoniaux et ceux d’une plus grande complexité échappent à la nouvelle tendance.

Lors de rencontres avec l’UMQ et les cabinets des maires de Laval et de Longueuil, nous (la permanence de l’AAPPQ) avons mis de l’avant l’importance d’une ouverture et d’un dialogue, mais surtout de ne pas miser sur la reproduction à l’identique d’une infrastructure. La mutualisation peut être envisagée sous plusieurs angles, dont la réutilisation de plans avec adaptations pour l’implantation et l’intégration architecturale, des appels d’offres groupés pour plusieurs projets afin d’optimiser les processus de sélection, la préfabrication de modules standardisés, etc.

La standardisation comporte une série de risques et de défis liés, notamment, au site d’implantation, à l’environnement, à l’intégration au cadre bâti (les plans d’implantation et d’intégration architecturale varient d’une municipalité à l’autre, voire d’un arrondissement à l’autre), au respect des codes et normes, et aux besoins des usagers.

Si les bons choix ne sont pas faits d’entrée de jeu, à l’étape de la planification et de la conception, il est fort à parier que les coûts devront être revus à la hausse lors d’une étape subséquente. Tenter d’économiser l’argent des contribuables est louable, mais il faut se demander si on coupe au bon endroit quand on sait que la planification et la conception ne représentent que 5% de la facture totale d’un projet sur son cycle de vie et que ces étapes se répercuteront sur la qualité d’un ouvrage et les frais d’exploitation et d’entretien.

De plus, cette mutualisation n’est pas sans risques professionnels et financiers pour les architectes qui sont assurés en responsabilité professionnelle pour un projet unique, pas pour la réutilisation de leurs plans et devis ad nauseam. Dans l’éventualité où ils répondraient à un appel d’offres mutualisé prévoyant la réutilisation de plans, ils devraient nécessairement souscrire à d’autres protections d’assurance. Un coût associé aux risques et qu’ils n’auraient d’autre choix que de facturer au client. À l’heure actuelle et à notre connaissance, il n’existe pas de produit d’assurance spécifique aux enjeux de la mutualisation.

Des solutions mitoyennes sont probablement envisageables. On peut penser à la possibilité de reproduire le même vestiaire de chalet de parc ou de piscine extérieure, la même salle de repos ou la même cuisine de caserne de pompiers.

La préfabrication se veut un autre sujet incontournable en ce moment et l’UMQ se penche sur la question de son utilisation plus grande dans les projets municipaux. Ici aussi, on relève certains enjeux propres aux normes, codes et autres règlements auxquels sont soumis les architectes et qui diffèrent de ceux auxquels sont assujettis les manufacturiers. La question du type de mode de réalisation approprié se pose d’emblée puisqu’il s’agit de concevoir un projet à partir de produits et de processus qui diffèrent d’un manufacturier à l’autre, dans un marché basé sur la concurrence. L’AAPPQ a d’ailleurs mis en place un comité de travail avec l’Association des manufacturiers de bâtiments modulaires et sera également invitée cette année à travailler avec le gouvernement du Québec sur cette question.

Les mairesses et maires se penchent sur le coût galopant des infrastructures et son impact sur leurs finances depuis plus d’un an. L’UMQ a reçu un mandat officiel du caucus des grandes villes et les mairies de Laval et de Longueuil ont lancé le mouvement. Toutefois, à Longueuil, on se veut rassurant. La conseillère spéciale au cabinet de la mairesse Catherine Fournier, Virginie Gauvin, affirme qu’ils n’ont jamais souhaité faire de reproductions à l’identique ni renoncer à la qualité.

L’AAPPQ souhaite que l’expertise des architectes soit mise à contribution et a offert sa collaboration, afin que tous ensemble, nous dégagions des solutions dans l’intérêt commun.