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Échos de l'AAPPQ - Octobre 2026

Échos de l'AAPPQ - Octobre 2026

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27/10/2026

Nouveau gouvernement : les perspectives pour notre secteur

 

Réviser le Code de construction, accroître la compétitivité dans le secteur de la construction, étendre les exemptions de remise aux normes du bâti ancien pour faciliter la requalification des bâtiments existants, assouplir les exigences des appels d’offres, prioriser le maintien des actifs et diminuer la bureaucratie figurent parmi les nombreuses promesses inscrites dans la plateforme électorale du Parti québécois (PQ), qui a pris la tête du gouvernement à l’issue des élections du 5 octobre dernier. Le nouveau gouvernement s’attaquera aussi à la réduction des dépenses, notamment les coûts de construction. Un objectif incontournable, mais qui n’est pas sans écueil.

Certains de ces engagements sont salués par l’Association, comme le fait de miser sur les PME québécoises en réduisant leur fardeau réglementaire et fiscal, ou de dépolitiser la planification et la priorisation des infrastructures au Québec pour redonner la priorité aux projets qui répondent aux besoins réels de la population, ou encore de réduire de 50% le nombre de personnes en situation d’itinérance d’ici 2030. D’autres nous interpellent, comme la mise en place d’une certification des immeubles préfabriqués et standardisés pour accélérer l’approbation des permis ou l’instauration de modèles d’écoles modernes standardisés et préautorisés partout au Québec, car ces mesures pourraient avoir un impact dommageable sur la qualité du cadre bâti et la durabilité des infrastructures. Autant d’enjeux sur lesquels l’AAPPQ mettra de l’avant l’expertise de ses membres pour que l’intégration des principes directeurs de la qualité ne soit pas ignorée dans ce type de solutions. 

 

Être un interlocuteur de choix

Au cours de la campagne électorale, nous avons fait part aux différents partis en lice de nos sujets de préoccupation, mais aussi de nos solutions pour bâtir plus vite, moins cher, sans sacrifier la qualité. Maintenant que le gouvernement est en place, l’Association entend se positionner comme un interlocuteur de choix et lui offrir sa pleine collaboration pour l’atteinte des objectifs communs. Elle poursuivra ses démarches pour faire progresser des dossiers entamés avec le gouvernement précédent. 

Nous avons œuvré pendant la campagne à sensibiliser les partis à des enjeux économiques et sociaux, tels que la qualité du cadre bâti, la pénurie de logements abordables, l’inflation, la hausse des coûts de construction ou encore le déficit de maintien des infrastructures. Le PQ a annoncé une cible de 20 % de logements sociaux et hors marché dans le parc locatif à l’horizon de 2050, la priorité au maintien des actifs en augmentant la part du budget du PQI alloué à la réfection des actifs, la création d’un fonds pour la rénovation et la réfection des infrastructures municipales, ainsi qu’une diminution considérable de la bureaucratie et des normes inutiles. Ce sont de bonnes orientations, mais il ne faut pas oublier l’importance de prendre en compte, dans les réflexions et les décisions, la qualité des milieux de vie et les dépenses sur tout le cycle de vie du cadre bâti.

 

Fonds pour le maintien des infrastructures

Notre plateforme électorale recommandait, à l’instar d’autres acteurs du milieu, la création d’un fonds de prévoyance exclusif au maintien des actifs et à la restauration du patrimoine bâti. Dans le même ordre d’idées, le nouveau gouvernement a annoncé dans sa plateforme vouloir créer un fonds pour la rénovation et la réfection des infrastructures municipales et prioriser le maintien des actifs en augmentant la part du budget du PQI alloué à ces interventions et accompagner les municipalités dans la remise à niveau des infrastructures essentielles. 

L’allègement du fardeau administratif figure aussi parmi nos chevaux de bataille. Le Parti québécois s’est engagé à mener une vaste opération visant à éliminer les programmes inefficaces du gouvernement et à encourager les municipalités à faire de même, à assouplir les exigences des appels d’offres afin de permettre à davantage d’entreprises, notamment des PME, de soumissionner aux contrats publics afin de stimuler la concurrence et à alléger les plans et les devis soumis dans les appels à projets pour laisser plus de liberté d’exécution, de modification et de choix des matériaux aux soumissionnaires. Nous entendons lui présenter nos pistes de solution pour rendre moins complexes les processus administratifs et réglementaires, ce qui a un impact significatif sur les délais et les coûts de construction. Nous prendrons fait et cause pour la modernisation des approches de planification afin de favoriser les méthodes axées sur la performance globale, la qualité des infrastructures, la pérennité du patrimoine bâti et le coût sur le cycle de vie.

 

Réviser le Code de construction

L’entrée en vigueur des nouvelles dispositions du Code de construction 2020 a été reportée d’un an et l’écosystème de la construction s’attendait à ce que s’amorce des discussions concernant l’impact de l’ensemble des nouvelles normes sur les coûts de construction. Avec l’arrivée du nouveau gouvernement, cette réflexion devrait être à l’agenda, mais elle ne se terminera vraisemblablement pas avant l’entrée en vigueur du Code, en octobre 2027. Nous avions entamé des démarches auprès de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) afin de participer à la discussion autour de la possible révision de certaines des nouvelles dispositions, telles que les normes sismiques applicables aux bâtiments existants ou encore certaines normes d’accessibilité, et de l’adoption de processus qui permettraient plus d’agilité pour faire valoir des mesures différentes et équivalentes. Nous invitons la RBQ à organiser une consultation à laquelle seraient conviés des architectes en pratique privée, afin de documenter et d’analyser les impacts des nouvelles normes sur les coûts de construction.

Le nouveau premier ministre du Québec évoquait aussi dans sa plateforme électorale l'harmonisation de « l’application du Code du bâtiment à l’échelle du Québec afin de faciliter la reproductibilité des modèles d’immeuble et de maison. » Nous y mettons un bémol, car la standardisation peut engendrer son lot de problématiques si elle n’est pas judicieusement réfléchie et utilisée. 

 

Prévisibilité dans les marchés publics 

Nous avons prôné, tout comme d’autres organisations, une meilleure prévisibilité des projets publics à venir et de leur échéancier. Un vœu entendu par le PQ qui promet de rétablir la constance et la fiabilité de l’État comme donneur d’ouvrage en développant des outils et des compétences en matière de gestion de projet afin d’améliorer la planification des ouvrages publics et de réduire l’incertitude et les changements de cap dans l’octroi des contrats gouvernementaux. Nous saluons cet engagement que nous suivrons de près.

On entend beaucoup parler de préfabrication, ou de modulaire ou encore de construction hors site, les pouvoirs publics y voyant une solution pour freiner les coûts, réduire les délais et accélérer la construction de logements abordables. Le gouvernement du PQ envisage de mettre en place un mécanisme de certification des immeubles préfabriqués et standardisés permettant une approbation accélérée des permis dans un délai cible de 30 jours. La préfabrication constitue une piste de solution qu’explorent les architectes pour pallier la pénurie de main-d’œuvre, rationaliser les coûts et innover, mais ce n’est pas la panacée. Les modes traditionnels ont encore leur place; ils peuvent être améliorés et font aussi partie de la solution, mais ne devraient surtout pas être délaissés.  

Le nouveau gouvernement a du pain sur la planche, de bonnes idées et nous lui offrirons notre collaboration ainsi que l’expertise de nos membres pour mener à bien des objectifs communs, tels que la réduction des coûts et des délais, l’allègement réglementaire et la mise en place de mécanismes simples et efficaces permettant d’atteindre ces objectifs.

 


 

L’Association a démarré l’année 2026 avec un nouveau rendez-vous mensuel, Échos de l’AAPPQ, un éditorial d’affaires publiques. Sous la plume de Florence Reinson, conseillère en relations publiques et gouvernementales, la permanence de l’Association vous informe des démarches entreprises pour défendre vos intérêts, ainsi que ceux de la profession. Voici le neuvième de la série.